ENFANTS EN AGE SCOLAIRE. Parmi les problèmes prioritaires qui affectent les garçons et filles de 6 à 14 ans figurent le droit à une éducation de qualité et la protection contre le travail des enfants et leur exploitation.
Les taux élevés d’échec scolaire au cours du premier cycle de l’EGB (enseignement général de base), le décrochage scolaire qui s’aggrave pour les 11-14 ans, les mauvais résultats des systèmes éducatifs, voici des questions qui méritent une attention toute particulière. Quant au travail des enfants, les chiffres montrent une augmentation exponentielle du problème au cours des dernières années, ainsi qu’une absence de politique publique efficace en la matière.
Le nombre de grossesses précoces chez les jeunes filles de 10 à 14 ans atteint des niveaux préoccupants et cache des cas d’abus sexuels, violences et mauvais traitements.
Dans un contexte de restriction économique généralisée et en dépit de l’augmentation des dépenses publiques sociales, les niveaux d’investissement dans l’éducation an niveau national et provincial demeurent insuffisants.
La couverture du système éducatif est quasi universelle dans l’ Enseignement Général Fondamental (1 et 2); il est de 97,2 % pour les enfants de 6 à 14 ans (INDEC,2001).
Toutefois, la couverture et la qualité du service varient énormément d’une province à l’autre, révélant un système inégal et fragmenté.
Au niveau national, 21,4 % des enfants de l’EGB 1et 2 ont un âge plus élevé que la moyenne. Ici aussi la situation varie d’une province à l’autre : 11,8% dans l’agglomération de Buenos Aires, 42,3% à Misiones et 38,6% à Conientes. Ce chiffre atteint des valeurs proches de 33 % dans le 3ème niveau de l’EGB, avec également de fortes disparités entre les provinces (DINIECE, 2001).
Le taux de redoublement au niveau national pour l’EGB 1 et 2 est de 6,3% et 8,3% pour l’EGB 3, d’après les derniers relevés du Réseau Fédéral d’Information Educative. Le taux de redoublement en première année est l’un des plus élevés, atteignant presque 10% dans certaines provinces.
Quant aux taux de réussite des élèves, seuls 86,2% arrivent au bout des 2 premiers cycles. Le point critique se situe au 3ème cycle, avec un taux de réussite de 75,2%.
D’après les épreuves nationales sur la qualité de l’enseignement, le taux de réussite en Mathématiques et en Langue maternelle est toujours faible.(Système National des indicateurs éducatifs,2004).
Pour les épreuves linguistiques, on enregistre 19% de réponses correctes pour la 3ème année de l’EGB et 79% pour la 6ème année (DINIECE,2000). En Mathématiques, les taux sont respectivement de 59,9% et 58,8%. Les résultats montrent un panorama hétéroclite; c’est la région du Nord-Est de l’Argentine qui connaît les plus mauvais résultats.
D’après les chiffres de 2001 (SIEMPRO/INDEC), dans les zones urbaines, 296.000 enfants de 5 à 14 ans doivent travailler. On veut dire par là que ces petits garçons et ces petites filles ont au cours de l’année précédente réalisé une activité économique, soit en aidant un adulte dans son travail, soit en travaillant pour gagner de l’argent pour leur compte propre, ou comme employé(e) ou apprenti(e). Un total de 1.580.000 enfants de 5 à 14 ans a effectué des tâches domestiques dans leur foyer, “ s’occupant de la maison, préparant le repas ou gardant les plus jeunes quand les aînés allaient travailler”.
En 2003, on a relevé 2763 naissances chez des adolescentes de moins de 15 ans (Ministère de la Santé et de l’Environnement, 2004). D’après des études spécifiques, la plupart des pères aurait moins de 30 ans (Centre d’Etudes de la population, 1992). On peut ainsi établir un lien entre les cas de grossesse précoce et des cas d’abus sexuel ou d’inceste. Evidemment on a très peu d’information sur les viols et incestes qui ne débouchent pas sur une grossesse.
D’autre part, d’après les données du Ministère de la Santé et de l’Environnement, au cours de la même année on a comptabilisé 550 hospitalistions de jeunes filles âgées de 10 à 14 ans pour cause de complications après un avortement. On ne dispose pas d’information sur les avortements qui ne nécessitent pas d’hospitalisation. Les chiffres doivent donc être encore plus élevés dans cette tranche d’âge.